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Agrivoltaïsme et photovoltaïque en ENAF
Agrivoltaïsme et photovoltaïque en ENAF : ce que dit la réglementation
Les ENAF (Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers) sont au cœur de la transition énergétique. Depuis la loi APER du 10 mars 2023, plusieurs textes encadrent strictement les projets photovoltaïques au sol sur ces zones sensibles. Il est essentiel de distinguer clairement trois catégories de projets, chacune ayant ses propres exigences :
Les projets agrivoltaïques
Encadrés par l’article L.314-36 du Code de l’énergie, ces projets doivent :
- Apporter au moins un service direct à l’agriculture : amélioration agronomique, adaptation climatique, protection contre les aléas, bien-être animal,
- Garantir une production agricole significative (rendement ≥ 90 % de la zone témoin ou d’un référentiel),
- Assurer un revenu agricole durable (hors revenus photovoltaïques),
- Maintenir une activité agricole principale,
- Imposer la réversibilité des installations,
- Intégrer une zone témoin (sauf exception).
Ces exigences ont été précisées par le décret du 8 avril 2024, l’arrêté du 5 juillet 2024 et la note d’instruction technique du 18 février 2025.
Les projets PV compatibles
Ce sont des projets photovoltaïques compatibles avec une activité agricole, pastorale ou forestière, mais non agrivoltaïques. Ils peuvent être autorisés sur certains terrains identifiés dans un document-cadre départemental validé par la chambre d’agriculture.
Conditions :
- Le terrain doit être :
- non exploité depuis le 10 mars 2013,
- ou classé comme friche, carrière, site industriel en reconversion,
- L’installation doit être réversible,
- Le projet ne peut être autorisé qu’après l’adoption du document-cadre.
Ces projets relèvent du code de l’urbanisme (article R.111-57).
Serres, hangars et ombrières photovoltaïques
Ces structures sont autorisées si elles répondent à un besoin agricole justifié :
- Serre agricole : peut être agrivoltaïque si elle respecte les critères de L.314-36, sinon relève de L.111-28 (utilité agricole nécessaire).
- Hangar agricole : jamais agrivoltaïque (pas de culture/pâture sous-jacente) mais autorisable s’il est utile et proportionné.
- Ombrière : peut être agrivoltaïque si elle rend un service mesuré à l’agriculture. Sinon, une justification forte est nécessaire.
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NOUS CONTACTERFocus sur le cadre réglementaire : les 6 critères clés
Le décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 et son arrêté d’application du 5 juillet 2024 précisent les conditions d’implantation et les preuves attendues, dans la continuité de l’article 54 de la loi APER (10 mars 2023). Ces textes fixent les grands principes suivant :
Service rendu à l’agriculture
Le projet apporte au moins un service (amélioration agronomique, adaptation climatique, protection contre les aléas, bien-être animal) sans porter atteinte substantielle à un autre (ou seulement une atteinte limitée à deux autres).
Production agricole significative
En cultures, la moyenne de rendement sur la parcelle doit rester ≥ 90 % de la zone témoin ou d’un référentiel. En élevage, on vérifie le taux de chargement et, pour les ruminants, la production fourragère ; la règle des 90 % s’applique dans les deux cas. Des dérogations sont possibles (qualité en hausse, événements imprévisibles), sur décision préfectorale.
Revenu durable
La moyenne des revenus agricoles (hors revenus liés aux panneaux) après implantation ne doit pas être inférieure à la moyenne d’avant, en tenant compte de la conjoncture.
Activité agricole principale
L’installation ne doit pas rendre inexploitables plus de 10 % de la parcelle. La hauteur et l’écart entre rangs doivent permettre le travail normal des cultures/animaux et assurer leur sécurité/abri.
Zone témoin & contrôles
Zone témoin obligatoire en cultures (sauf exceptions) ; périodicité des contrôles variable selon la technologie (éprouvée ou non), avec transmission de rapports par un organisme indépendant.
Réversibilité des installations
Les équipements doivent être conçus et implantés de manière à pouvoir être démontés en fin d’exploitation, afin de restaurer l’usage agricole du site (sans altération durable des sols).
En savoir plus :
Pour en savoir plus sur les détails du décret, n’hésitez pas a consulter la documentation de LegiFrance.
Cas concret : Agrivoltaïsme ou pas ?
Pour vous repérer rapidement, les exemples ci-dessous montrent, cas par cas, le caractère « agrivoltaïque » des principales configurations : ombrières, serres et hangars photovoltaïques.
- Ombrières (sans parois) : Une ombrière est considérée comme agrivoltaïque si elle respecte les critères de l’article L.314-36 du Code de l’énergie ; sinon, elle relève de l’article L.111-28 et doit prouver une utilité agricole nécessaire. Elle doit rendre un service direct à l’agriculture (protection climatique, microclimat, bien-être animal) tout en maintenant une production normale, avec réversibilité et suivi mesuré. À défaut, une justification très solide est indispensable.
- Serres avec panneaux en toiture : Une serre est agrivoltaïque, si l’ombrage est piloté au bénéfice des cultures et que la production agricole reste au cœur du projet, avec des indicateurs et une zone témoin quand c’est requis.
- Hangars photovoltaïques : ils ne relèvent pas de l’agrivoltaïsme, car ils ne recouvrent ni cultures ni pâtures. En revanche, ils peuvent être autorisés s’ils répondent à un besoin agricole réel et restent dimensionnés de manière proportionnée.
Les projets photovoltaïques compatibles
Les projets photovoltaïques compatibles sont ceux avec une activité agricole, pastorale ou forestière, mais non agrivoltaïques. Ils peuvent être autorisés sur certains terrains identifiés dans un document-cadre départemental validé par la chambre d’agriculture. Voici les conditions :
- Le terrain doit être :
- non exploité depuis le 10 mars 2013,
- ou classé comme friche, carrière, site industriel en reconversion,
- L’installation doit être réversible,
- Le projet ne peut être autorisé qu’après l’adoption du document-cadre.
Ces projets relèvent du code de l’urbanisme (article R.111-57).
Conseil GEONESS :
Repérez les zones à faible productivité (prairies pauvres, friches, sols peu profonds) souvent moins exposées, elles réduisent l’impact paysager. Vous pouvez mobiliser les expertises du CNPF, de l’IGN ou de l’ONF, en complément des analyses locales.
Agrivoltaïsme : on vous accompagne
Chez GEONESS, nous analysons votre projet pour déterminer s’il peut être :
- agrivoltaïque,
- photovoltaïque compatible,
- ou structure agricole équipée de PV.
Nous évaluons :
- la cohérence territoriale,
- la compatibilité urbanistique (PLU, zones sensibles),
- la présence de documents-cadres,
- les risques de contentieux réglementaire.
Notre objectif : sécuriser votre projet dès la phase amont, anticiper les blocages, et garantir un dépôt conforme au cadre réglementaire en vigueur.
Vous prévoyez un projet photovoltaïque sur une parcelle agricole ou naturelle ? Contactez GEONESS pour savoir à quel régime votre projet appartient et comment le rendre recevable.
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